Windfoil - Test JP Hydrofoil 120 2019

A l’occasion de notre WE convivial Windfoil à Serre-Ponçon le 12 Aout, NeilPryde France nous avait mis à disposition une Hydrofoil 120 Pro Edition (déjà présenté sur ce blog). Cette fois, c’était sur l’eau que ça s’est passé

Conditions du test

Lac de Serre Ponçon

Vent : 5-12knt

Flotteur : JP Hydrofoil 120

Foil : Starboard GTS / Race / GT alu - Taaroa Noe 80 et 97 - LK1

Voile : HyperGlide 8.0 et Phantom IRIS 7.0

Présentation

Je ne reviendrai pas en détail sur la présentation du flotteur, que vous retrouverez ici. Compte tenu de ses mensurations, l’hydofoil 120 a clairement une cible freeride. Il nous paraissait donc pertinent de la tester avec un foil comme le Noe et son mat de 80cm, et avec une voile de 7m légère à 2 cam. Nous avons également testé l’H120 avec un foil à grand mat (95) et une voile de 8m pour en apprécier les limites.

Le montage de nos foils de test n’a posé aucun problème, et pour une fois nous n’avons pas été obligé d’ovaliser les trous des vis.

Sur l’eau

A l’arrêt, les 120L sont bien là, et la planche est très équilibrée. Malgré la longueur plutôt très faible, il est parfaitement possible de faire un virement de bord sans avoir à bondir d’un côté à l’autre. Subjectivement, je parierai qu’elle fait plutôt 125L compte tenu de sa flottabilité. La largeur généreuse permet de relever le gréement au tire veille sans galèrer (je fais 78kg). L’antidérappant est excellent, un point aussi rassurant quand ça bouge un peu.

Au pumping, la planche prend rapidement de la vitesse en offrant une trainée très correcte pour une planche dédiée. Je dirai que l’on est entre la Starboard Foil 122 (notre référence dans ce domaine) et la JP Hydrofoil 135 de ce point de vue. En comparaison avec nos planches de 85cm de large, on force moins ici. La largeur sous le pied arrière sera malgré tout suffisante pour gérer facilement un foil typé freeride (comme le Noe que nous avions sous les pieds lors du test). Pour prendre de la vitesse dans le vent très light, la compacité de la planche nous incite à plus nous reculer qu’avec l’hydrofoil 135 ou la Foil 122, et à abattre un peu plus. Dès que l’on sent un appui un peu plus conséquent sur la voile, il suffit alors de lofer progressivement pour provoquer le décollage et l’accélération. Tout ceci se fait avec beaucoup de douceur et de progressivité à condition d’avoir un peu de doigté.

Une fois en l’air, on a un équilibre très semblable à celui qu’offrait l’Hydrofoil 135. La 120 a encore moins d’inertie et permet de contrôler avec facilité l’assiette longitudinale. Compte tenu de sa compacité, on aura tout intérêt à lui associer un foil plutôt assez stable sur cet axe pour na pas rendre la conduite compliquée (AFS 85, loke Envol , Taaroa Noe, Starboard GT … idéalement). J’ai testé l’Hydrofoil 120 avec une 7m (Phantom IRIS) et une 8m2 (Severn Hyperglide). Le flotteur est parfaitement capable de gérer les 2 surfaces, mais il est très clairement plus équilibré et agréable avec la 7m. Ceci conforte le positionnement freeride de ce nouveau flotteur, et je le conseillerai idéalement avec des voiles pas trop lourdes (2 cam max) de 7.5m2 maxi.

Sur l’axe transversal, la largeur sous le pied arrière est parfaite pour conduire avec facilité un foil typé freeride, avec un mat entre 75 et 85cm. Avec un mat de 95cm, on sent que l’on manque un peu de contrôle par rapport à nos références (RF81, Horue AirTime, Elix F1X). Avec ces dernières, la largeur ou le plan de pont plus plat permettent au pied arrière d’apporter plus de maîtrise de l’assiette de la planche. En terme de plan de pont justement, l’Hydrofoil 120 reprend ce que nous avions sur la 135L. Le placement du pied avant est absolument parfait. Pour le pied arrière, on a exactement la place nécessaire pour poser le pied sur le pont, mais j’aurai aimé une courbe un peu moins marquée sous le talon pour pouvoir donner un surplus de contrôle.

Lors des touchettes par l’avant, l’Hydrofoil s’en sort très bien avec très peu d’effet de scussion. L’arrière également glisse sans trop freiner grâce à sa largeur contenue. C’est un plus pour boucler les jibes sans s’arrêter lorsque l’on n’arrive pas (comme moi) à rester 100% en vol lors de la manoeuvre. C’est sur les touchettes de rail à la contre-gîte que nous attendions avec impatience la JP. Pour rappel, c’était le plus gros défaut de l’Hydrofoil 135 à notre goût et le nouveau shape de la 120 laissait espérer une nette amélioration. Et bien, pour le coup, l’essai est transformé en beauté. Je pense même qu’elle remporte la palme parmi tous les flotteurs testés à ce jour !!

Association

Nous avons testé la JP 120 avec 4 foils différents. Comme habitudes, toutes les associations ne sont pas heureuses. Avec le GTS, et GT alu et le Taaroa, on a un ensemble plutôt équilibré et très agréable. Avec le SB race et le Lk1, l'ensemble devient plus pied avant, et nécessite des calages de stab pour pouvoir naviguer. Sur le Lk1, la conjugaison nervosité du foil & équilibre pied avant nous a joué des tour dès que le vent prenait de la force ... on va dire que l'on était pas des plus serein dans cette configuration.

Conclusion

Avec l’Hydrofoil 120, JP propose exactement le flotteur dont le marché avait besoin. En chipotant, j’aurai idéalement préféré un plan de pont un peu moins vouté sous le talon arrière, mais j’attends de la tester dans des conditions un peu plus musclées pour vérifier si cela a réellement un impact sur le contrôle. En tout cas, l’hydrofoil 120 correspond à 100% aux attentes des foileurs de moins de 80kg, qui naviguent essentiellement avec des voiles de moins de 7,5m2 et 2 cam max. Elle se paye le luxe d’établir une nouvelle référence en terme de glisse sur le rail à la contre-gîte.

Cette nouvelle JP vient donc se positionner dans le même créneau que la Starboard foil 122. Ces 2 flotteurs partagent ainsi la même cible, avec un côté un peu plus sportif pour la JP (plus compacte et un poil plus large et puissante sous le pied arrière), et un côté un peu plus facile pour la Starboard (plan de pont et longueur).


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