Windfoil - Test AFS Wind 105

Conditions du test

Spot : La Ciotat

Flotteur : Exocet RF 81 et JP Hydrofoil 135

Gréement : RS:One Convertible 7,0

Montage

Comme avec les autres AFS (W85 et W95), le W105 a nécessité un ponçage assez important pour pouvoir être inséré dans le boitier. Cela fait partie des foils où il ne faudra pas négliger cette étape de préparation car vous n'avez aucune chance de naviguer si vous n'avez pas anticipé cette opération avant d'arriver à la plage. Dans notre cas, il a fallu enlever pas mal de matière sur les 2 faces latérales, mais aussi sur les congés dont le rayon était bien trop petit au regard de ceux du boitier. En plus de cela, sur nos 2 flotteurs de test, il a fallu ovaliser les trous des vis d'aileron car aucune ne tombait en face des inserts du talon deep tuttle ... bref : une préparation à anticiper tranquillement à la maison, ou à confier à votre dealer préféré si vous voulez éviter de galérer.

Sur l'eau

Une partie des sensations est assez comparable à ce que nous avons noté sur les AFS W85 et W95. Nous nous attarderons donc ici essentiellement sur les différences que l'on note sur le Wind105.

Au décollage, le W105 semble notoirement plus nerveux que ses 2 petits frères, même si cela reste en deça de nombreux autres foils du moment. D'autre part, le mètre de mat sous l'eau nécessite pas mal de puissance et il est donc illusoir de vouloir utiliser le W105 avec des petites voiles dans le light. C'est un foil puissant dédié à la course, et il faudra logiquement l'associer à des éléments cohérents (voile puissante et flotteur large), ce qui ne pose pas de problème compte tenu du contrôle qui en résulte, mais ces conduit à une autre façon de naviguer et à d'autres sensations. Avec une 7.8 dynamique (RS:Flight dans mon cas), le décollage intervient dès 9 knt de vent environ.

Une fois en l'air, on retrouve les caractéristiques propres aux AFS, mais cette fois démultipliées. Dans les conditions light, le 105 n'est pas le plus à l'aise que nous ayions connus, toutefois avec des voiles de tailles raisonnables (7.8 max lors de ce test). Il est possible qu'avec des voiles de course de 9m, les choses soient différentes.

La stabilité transversale est tout simplement impressionnante, en particulier lorsque l'on ne navigue pas sur les 15 derniers cm du mat. Quand on pousse sur les pieds, on a un véritable mur sur lequel on peu s'appuyer sans limites. Toujours concernant l'axe transversal, le 105 est plus facile à emmener à la contre gite que ses 2 petits frères, à condition d'utiliser une planche bien large sous le pied arrière. Sinon, on a vite la jambe qui fume et les chevilles qui ramassent. Pour le dire autrement, privilégiez une planche dédiée foil avec le 105, avec au moins 75cm à 30 (la RF 81 Exocet est un minimum).

En longitudinal, l'AFS 105 m'a donné l'impression d'être plus réactif que les W85 et W95, en particulier lorsque l'on veut corriger l'assiette. En plus de cela, avec 1m de mat, on a une marge impressionnante avant de sortir de l'eau ou de toucher ! Typiquement, la Exo RF nous a parue bien plus adaptée à ce foil que la JP 135. Lorsque l'association est bien faite, on a un gros contrôle, avec un ensemble qui demande de l'engagement au pilote et de l'anticipation. Ici, pas question de naviguer dilettante ou de chercher de la maniabilité: ça accélère en permanence et il faut gérer car ce n'est pas le foil qui le fera à vôtre place. Pour une navigation détendue, on passera plutôt au 95 ou au 85 qui sont plus adaptés.

L'autre élément marquant avec ce foil est la sensation de propreté du déplacement. Il partage ceci avec le Starboard (dans une proportion un peu plus faible sur ce dernier) et le RSX. C'est assez difficile à expliquer, mais en gros c'est l'inverse d'un foil qui se dandine. Là, tout est parfaitement dans l'axe et rien ne bouge. Il n'y a aucune perturbations autour de ce neutre. On a immédiatement l'impression que rien ne peut arriver, tant que l'on gère les accélérations de la bête.

En terme de glisse, l'impression n'est pas incroyable de prime abord, mais GPS à l'appui, ça va vite. Après quelques bords, on prend confiance, et on s'aperçoit vite que la glisse vient avec la hauteur de navigation. Fort logiquement, 1m de mat dans l'eau, ça traine un peu. Par contre, lorsque l'on arrive à naviguer sur les 30 derniers cm, la glisse devient très très bonne. Il faut du coeur, et bien maitriser l'appui sur la voile pour éviter de faire le yoyo à cette hauteur, mais même à 70cm de haut, aucun dandinement latéral. Dans ces conditions le GPS monte très vite dans les tours. D'ailleurs, j'ai assez facilement dépassé les 25 knt au travers, chose que je n'avais jamais effectué avec l'autres foils. On y arrive en abattant avec certains foils mais il faut souvent gérer des situations où le contrôle est un peu précaire. Là, on arrive à le faire avec un niveau de contrôle inconnu jusqu'alors. Pour celui qui accepte de se mettre dans le rouge et qui ose abattre à ces vitesses, j'imagine que les 30 knt sont largement accessibles avec ce type d'engin ;) ... bon, je ne veux pas tester tout de suite les boites à 28 knt à 70cm de haut, alors je m'abstiendrai.

Bilan

Vous l'avez compris, L'AFS Wind 105 est un bête de course puissante et efficace. C'est tout l'inverse d'un foil maniable et joueur. Au contraire, ça accélère en permanence et malgré un contrôle hors du commun, l'AFS 105 demande au pilote de l'engagement en permanence. Le résultat est à la hauteur avec des vitesses moyennes très élevées, mais la nécessité de l'associer avec des éléments cohérents (planche très large, grosse voile etc.). Un vrai parti pris avec très peu de compromis, qui trouvera facilement ses adeptes !

Windfoil - Gamme Starboard 2018 et 2019