​Test de la Phantom IRIS en 7m

La IRIS Freerace est une voile assez originale dans la mesure où elle n’est pas construite en monofilm, au même titre que les voiles italiennes Avanti. Au contraire, toute la surface de la voile est constituée d'"une membrane", et qui est techniquement une surface mêlant une matière plastique très souple, avec une trame orientée dans la direction des efforts. On voit ceci sur les renforts de certaines voiles (comme le forceline NeilPryde). Ici, toute la voile utilise ce principe. En terme de conception, cette IRIS 7m est une voile de freerace à 2 cambers, et fourreau étroit en dacron. Elle est conçue pour être gréé sur un mat constant flex (nous avons utilisé un North pour nos tests).

Présentation en détail

Phantom a bien fait les choses avec une housse costaud ... un bon point pour protéger la voile sur la durée

Au déballage, on constate très vite que l'on est plus sur une voile en monofilm, mais bien en membrane. L'indication IRIS F identifie la version Freerace, là où l'IRIS R sera la version course.

Les embouts de latte, tout comme le point d'écoute, et les goussets de latte sont protégés avec un renfort nommé "Lite Skin"

Le fourreau en dacron accueille les 2 cam de cette free-race. Là encore, le choix du matériau a été dicté par une volonté de durabilité avec ce fourreau en dacron.

Un dernier détail : la micro latte située en bas de voile, qui évite les plis disgracieux en bas, et garantie une parfaite efficacité du creux sous le wish. Un petit outil est fourni pour refermer de fourreau de latte si vous aviez à la retirer.

Pour étarquer, l'IRIS est équipée de traditionnelles triple poulies perpendiculaires au mat. C'est la meilleur solution pour un étarquage facile sans vrillage des bouts. Le protection de pied de mat en cordura est épaisse

Pour les tests, nous avons gréé la IRIS sur un mat North, qui lui va parfaitement, avec un creux très harmonieux comme vous pouvez le constater.

La coupe et le montage de la voile sont très réussis avec peu de plis au regard de ce que nous observons sur d'autres voiles

Le creux est assez généreux en dessous du wishbone, mais la voile est aussi loin d'être plate en tête. Cela promet une puissance assez généreuse, qui devrait éviter d'avoir à surtoiler.

Une fois gréé, on peut admirer le travail de positionnement des fils de trame de la membrane

Sur la balance

L'un des arguments majeurs de Phantom windsurfing concerne le poids de ses voiles. Nous avons donc soumis la 7m à notre balance étalon pour en avoir le coeur net.

La IRIS F 7,0 accuse 4,400 kg contre 4,900 kg pour la RS:On convertible 7m (qui est une V8 , donc l'une des voiles 2 cam les plus légères du marché). A titre de comparaison, on est à 5,9 kg sur une S Type SL 7,3 et 5,0 kg pour une Skyscape en 7m, qui a une latte de moins.

On peut donc dire que le contrat est largement rempli avec ce poids plume ... et les manipulations dans les manoeuvres confirmeront nettement ces mesures.

Sur l'eau

Les premiers tests de la Phantom IRIS ont été fait à la fois en navigation libre à St Laurent du Var, La Ciotat ,et en régate à Toulon.

Dès la prise en main, la légèreté du gréement saute aux yeux (ou plutôt aux bras pour être précis) ! Malgré tout, la présence de cambers bloque le profil, et tant mieux. Par contre, cette 7m semble assurément plus légère que d’autres voiles qui auraient 0.5 voir 1m2 de moins. A ce titre, elle peut faire penser à ce nous avons ressenti avec la LoftSkyscape, mais ici avec une latte et plus et un contrôle du profil meilleur dans les rafales.

En terme de feeling, on a une voile plutôt puissante pour sa surface, avec un peu de main arrière. Le creux est prononcé sur toute la surface (la voile est moins plate en tête qu’à l’habitude). D’un autre côté, l’IRIS est très douce vie moelleuse. Ceux qui ont connus les Loft d’avant 2013, donc la partie haute était en pentex, comprendront de quoi je parle … sachant que c’est encore plus marqué ici. Bref .. cette IRIS est un peu la Mercedes des voiles free-race :)

La contre partie de ceci est une voile peu nerveuse : il ne faudra pas s’attendre à des réactions très vives, mais c’est au bénéfice d’un confort de premier plan et d'une traction très régulière. Une voile ‘classique’ aussi douce aurait peut de chance d’être efficace au pumping. Ici, la combinaison puissance & légèreté permet d’avoir une efficacité plutôt très bonne dans ce domaine (à condition d’avoir un mat à la hauteur). A niveau technique et poids équivalent, on avait le même départ planning entre une IRIS 7m et une Switchblade 7.8 lors de nos tests à St Laurent.

Dans le manœuvres, la légèreté de la IRIS est bluffante. En plus, la rotation des cambers se fait avec peu d'effort malgré le creux prononcé ... du vrai velours !

La régate Windfoil à Toulon a été également un très bon test : mon peu d’entrainement hivernal ne m’aurait pas permis de passer toute l’après midi sur l’eau en régate avec une free-race classique. Avec l’IRIS, j’ai pu boucler toutes les manches de façon honorable (5e place sur 25) sans renoncer et sans finir à l'agonie, mais sans pour autant pouvoir suivre les 4 coureurs entrainés et techniques qui étaient devant moi avec des voiles free-race voir race classiques (Franck, Mathieu Bonnot, Nicolas Huguet et Nicolas Goyard).

Au final, cette IRIS F à 2 cam bluffe par sa légèreté, sa douceur et son confort, tout en fournissant une puissance généreuse et des performances qui font partie des meilleures de la catégorie freeride. Cerise sur le gâteau, la longévité du matériau ne pourra qu'être plus importante que le monofilm ! Pour ceux qui veulent se faire leur propre idée, sachez que nous en avons une en test, et que nous l'emmènerons sur les différents évènements windfoil de l'été.


​Inauguration de la base de vitesse de la côte azur et journée test