L'évolution technique du matériel de ski a permis une évolution fondamentale dans la pratique du ski. Le point le plus marquant de cette évolution est le changement de le technique utilisée pour tourner en ski. On passe ainsi du virage dit "virage parallèle" au virage dit "virage coupé".
- Le "virage parallèle" (que nous appellerons aussi virage traditionnel), est fondé sur l'utilisation du dérapage de la partie arrière du ski pour changer de direction. L'importance du dérapage qui s'ensuit dépend de son niveau technique. Les débutants mettent carrément les skis en travers et attendent passivement le changement de direction, alors que les skieurs avancés s'appliquent à maintenir le dérapage le plus faible possible en guidant les skis. Mais dans tous les cas les spatules suivent une trajectoire plus serrée que celle de l'arrière des skis. Le rayon du virage se laisse adapter à chaque instant par un simple mouvement de rotation. Le dérapage est initié par un allègement des skis lors de la phase d'extension du corps après le fameux "planté du bâton".
- Le "virage coupé" (appelé aussi CARVING) est fondé, lui, sur un changement de direction sans dérapage. Cela est dû au fait que la ligne de contact des skis sur le sol est un arc de cercle. Lorsque chaque point du ski passe exactement au même endroit, les traces imprimées dans la neige sont très fines, comme sous l'effet d'une lame incurvée.
Description simplifiée
Si l'on observe le traces laissées dans la neige par les 2 techniques, les choses paraissent assez évidentes
Détail sur le comportement du ski de carving
Si l'on regarde de plus près ce qu'il se passe lorsque l'on utilise un ski parabolique, on observe facilement que la courbe dans laquelle s'inscrit le ski résulte d'une flexion de celui-ci. Plus l'angle de prise de carre est importante, plus le rayon de courbe sera serré.


Et si l'on parlait de plaisir ?
Vous me direz, pourquoi tout ça ? Et bien tout simplement pour plus de plaisir. Pour simplifier, disons qu'utiliser un ski parabolique sans changer de technique revient à faire 10% du chemin entre les sensations épourvées sur un ski droit et le potentiel offert par un ski parabolique. C'est comme utiliser un râteau pour retourner votre jardin : ça fonctionne mais on passe à côté de quelque chose !



- La technique associée au ski droit (non parabolique)
- Ski parabolique utilisé avec une technique traditionnelle (effet du ski court parabolique sur le virage parallèle), godille
- Virage coupé en grande courbe avec dérive (ce que 90% des skieurs appellent le carving)
- Virage coupé complet en bascule (l'épaule dans la neige : le graal des skieurs qui disent faire du carving, mais une grosse erreur technique)
- Virage coupé court en angulation (la base du virage utilisé en slalom spécial)
- Virage coupé type GS : le vrai virage coupé de compétition (dans les 3 phases du virage, maîtrise de l'inclinaison, de l'angulation, des équilibres avant/arrière, des rotations, des répartitions de pression ski intérieur et extérieur, de l'accélération du ski)
Lorsque l'on passe du temps sur les pistes en France (l'un des pays où le niveau moyen de ski est le plus faible), on observe que 70% des skieurs sont en phase 2, 25% en phase 3, et 5% entre 4 et 6. Vous voyez, il y a de quoi faire, et le potentiel d'évolution et de plaisir est énorme. Au passage, pensez aux écoles de ski qui vous aiderons à franchir les étapes !
L'apprentissage
L'apprentissage du virage coupé pass pas plusieurs étapes :
Le virage coupé consiste à tourner en conduisant le ski sur la carre, sans le faire pivoter.
Il faut positionner correctement le ski sur la carre pour engager le virage, puis augmenter peu à peu la pression exercée sur celui-ci pour réaliser un arc de cercle parfait.
L’apprentissage en plusieurs étapes :
1 – La prise de carre sur un pied
Sur piste plane et peu raide, se laisser glisser face à la pente les deux skis à plat. Incliner un genou vers l’intérieur du virage pour basculer le ski sur sa carre et transférer son poids sur ce ski, tout en maintenant la prise de carre. Le ski tourne alors tout seul en effectuant une trace nette dans la neige. S'arrêter après avoir traversé la piste. Changer de côté puis refaire l'exercice plusieurs fois. Il faut le répéter tant que la trace n'est pas parfaitement nette (donc sans dérapage). La clé : bien veiller à garder de la pression constante sur la languette du ski aval, et le bassin au dessus de ses orteils.


Ensuite, refaire l'exercice en enchainant les virage sans s'arrêter, puis varier pente et vitesse
2 – La prise de carre deux pieds
Quand ce mouvement est acquis, et que l’on est capable de maintenir le ski sur la carre tout le long du virage, on va accompagner le mouvement avec l’autre pied.
Pour cela, il faut incliner le tibia de la jambe intérieure au virage vers l’intérieur du virage, parallèlement à la jambe d’appui, qui reste toujours la jambe extérieure au virage. Ainsi, le ski intérieur va lui aussi « mordre » la neige et accompagner le mouvement pour plus d’efficacité. En revanche, pour conserver son équilibre, il va falloir compenser cette prise d’angle des membres inférieurs, en conservant le buste droit, perpendiculaire au sol et en écartant légèrement les bras pour plus de stabilité. Seules les jambes prennent de l’angle (c’est ce que l’on appelle l’angulation). Attention à ne pas basculer sur l’intérieur avec l'épaule car c’est la chute assurée.
3 – L’accélération
Jusque-là, on a surtout profité de la structure et du profil des skis. Pour accélérer, il va falloir y mettre un peu du sien, en dosant ses appuis notamment. Commencer par entrer en courbe de manière assez douce pour mettre le ski convenablement en direction sur la carre. Puis fléchir les genoux progressivement pour augmenter à la fois la pression sur les skis et l’angle de prise de carres. Terminer la courbe en appuyant fortement pour cintrer le ski, créer un effet « ressort » et ainsi générer l’accélération et la relance nécessaires pour se propulser dans la courbe suivante. Attention : quand on augmente l’appui grâce à sa puissance musculaire, il faut fléchir les genoux mais ne pas en pousser l’arrière des skis vers le bas de la pente, ce qui les ferait déraper
4 - Perfectionnement
Pour améliorer sa technique, il va falloir du temps et travailler plusieurs points
- la gestion de l'angulation, en évitant la bascule


- la rotation du bassin pour éviter le report de la pression sur l'interieur - gestion de la fente
- la gestion de l'équilibre antéro-postérieur
- la gestion de la vitesse par le choix des trajectoires (et plus par le dérappage)
- l'augmentation de la pente
Cela prend des mois, voire des années avant de maîtriser le carving et savoir convenablement doser ses appuis, son équilibre, en fonction des skis, de la neige et de la pente. Tout un art.






























