Mort d'un kiteur au Jai

La mort d'un kiteur au Jai la semaine dernière nous rappelle cruellement que les erreurs d'inattention ou de jugement en kite peuvent se payer très cher. Nous se cessons de le rappeler, mais je pense que le message de Patrick est plein de bon sens et doit être lût par tous. Merci à lui d'avoir fait cette démarche courageuse. Voici son message :





"Bonjour, je suis Patrick, l'ami qui était avec Arnaud qui s'est tué au Jaï et je voudrais donner des précisions afin que l'ensemble des pratiquants sachent ce qui s'est exactement passé au travers de ce que j'ai vécu, et non pas par le récit des journalistes : Arnaud, n'était pas un kiteur débutant comme il a été dit. Un stage au Brésil l'été dernier, en mer rouge cet automne, j'ai navigué avec lui dans le var en Juin dernier... Mais c'est vrai, il n'avait pas l'expérience d'un vent aussi fort et j'aurais du lui interdire de sortir , même si un pote qui vient de Lyon pour la journée en se tapant 6 h de bagnole est difficile à raisonner..

L'autre erreur qu'on a fait est de rallonger ses arrières d'un noeud pour lui donner plus de depower... Mais son aile (que j'ai testée avant lui, car je suis expérimenté et voulais m'assurer qu'elle ne "tirait" pas trop pour lui) est devenue insuffisamment bordée dans les grosses "molles" et nécessitait un assez bon doigté pour la laisser "respirer" et éviter que les lignes se détendent lors des trous d'air, et que l'aile reparte pleine balle en fenêtre, ce qui a catapulté Arnaud.



Troisième erreur, en voulant bien faire, je lui ai levé l'aile et me suis posté derrière lui en tenant fermement son harnais, afin qu'il sente en quelques minutes son aile avant de partir. Il était prêt et sentait bien le truc, j'ai relaché ma vigilance et la molle, suivi de la rafale est arrivée !!! (conclusion : si on n'est pas sûr de son niveau, ne jamais s'en assurer sur terre mais tout de suite à l'eau ou on renonce. C'est la base de la sécu en kite, je le savais mais je l'ai, de façon incompréhensible, occulté.



Enfin, pour détail, sachez qu'il n'a pas fait un vol à 10 m de haut mais maxi 3 mètres et que c'est la vitesse latérale et non pas la hauteur qui l'a tué . Enfin, il n'est pas tombé sur des rochers, mais sur le chemin en terre. Une dernière chose, je souhaite dire à tous les pratiquants que, alors que j'ai l'expérience du vent fort, je n'aurais jamais cru, qu'avec une 6 m2 réglée "gros temps" une telle catapulte, aussi violente et rapide pouvait être possible, et je suis quasi certain que même les meilleurs d'entre nous, n'auraient sans doute pas eu le temps de larguer. De toute façon, même en larguant, mon ami est passé de 0 à 40 ou 50 km/h horizontal en moins d'une seconde. LE LARGEUR EST DONC LOIN D'ETRE UNE ASSURANCE TOUS RISQUES.



Aujourd'hui, je pleure mon ami d'enfance, je suis anéanti de douleur et de remord de ne pas avoir su lui faire renoncer et d'avoir cru que mes acquis devaient êtres innées, tellement je les ai intégrés ... Ma pratique du kite dans le vent très fort (35 knts et plus) et surtout irrégulier (ce qui est encore plus dangereux selon moi) est psychologiquement plus que compromise. Un dernier mot : Les kiteurs présents sur place hier, ont été très réconfortants, sympas et humains et je les en remercie infiniment ! pourriez vous, svp diffuser ce texte dans les news. "



Merci beaucoup - Patrick

Patrick MARTIN

Accident au Jaï du 14/07